LA MAUVAISE REPUTATION Au village sans
prétention En suivant mon
chemin de petit bonhomme |
Pauvre Martin Avec une bêche à l'épaule, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à l'âme, un grand courage, Il s'en allait trimer aux champs Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terr', creuse le temps. Pour gagner le pain de sa vie, De l'aurore jusqu'au couchant, De l'aurore jusqu'au couchant, Il s'en allait bêcher la terre En tous les lieux, par tous les temps ! Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terr', creuse le temps Sans laisser voir, sur son visage, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Il retournait le champ des autres, Toujours bêchant, toujours bêchant ! Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terr', creuse le temps Et quand la mort lui a fait signe De labourer son dernier champ, De labourer son dernier champ, Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant... Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terr', creuse le temps Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant, En faisant vite, en se cachant, Et s'y étendit sans rien dire Pour ne pas déranger les gens... Pauvre Martin, pauvre misère, Dors sous la terr', dors sous le temps ! Le mauvais sujet repenti Elle avait la taill' faite au tour, Les hanches pleines, Et chassait l' mâle aux alentours De la Mad'leine... A sa façon d' me dir' : "Mon rat, Est-c' que j' te tente ?" Je vis que j'avais affaire à Un' débutante... L'avait l' don, c'est vrai, j'en conviens, L'avait l' génie, Mais sans technique, un don n'est rien Qu'une sal' manie... Certes, on ne se fait pas putain Comme on s' fait nonne. C'est du moins c' qu'on prêche, en latin, A la Sorbonne... Me sentant rempli de pitié Pour la donzelle, J' lui enseignai, de son métier, Les p'tit's ficelles... J' lui enseignai l' moyen d' bientôt Faire fortune, En bougeant l'endroit où le dos r'ssemble à la lune... Car, dans l'art de fair' le trottoir, Je le confesse, Le difficile est d' bien savoir jouer des fesses... On n' tortill' pas son popotin D' la mêm' manière, Pour un droguiste, un sacristain, Un fonctionnaire... Rapidement instruite par mes bons offices, Elle m'investit d'une part d' ses bénéfices... On s'aida mutuellement, Comm' dit l' poète. Ell' était l' corps, naturell'ment, Puis moi la tête... Un soir, à la suite de manoeuvres douteuses, Ell' tomba victim' d'une maladie honteuse... Lors, en tout bien, toute amitié, En fille probe, Elle me passa la moitié De ses microbes... Après des injections aiguës D'antiseptique, J'abandonnai l' métier d' cocu Systématique... Elle eut beau pousser des sanglots, Braire à tue-tête, Comme je n'étais qu'un salaud, J' me fis honnête... Sitôt privée de ma tutelle, Ma pauvre amie Courut essuyer du bordel Les infamies... Paraît qu'ell' s' vend même à des flics, Quelle décadence ! Y'a plus d' moralité publique Dans notre France... |
LES AMOUREUX DES BANCS PUBLICS Les gens qui
voient de travers pensent que les bancs verts Bancs
publics, bancs publics, Bancs
publics, bancs publics, |